C’est pour moi un réel plaisir et un sentiment de joie de procéder ce soir au lancement officielle de projet « Réduction des pertes post récolte et l’amélioration de l’accès  au marché par les petits producteurs au Burkina Faso » implémenté par le consortium APME2A- GRAD consulting Group.

Mesdames et messieurs,

Les récentes crises alimentaires et financières ont conduit les gouvernements à recentrer et renforcer les actions sur l’agriculture. Pour le cas de notre agriculture, il est à noter que la dégradation des sols, l’appauvrissement en éléments minéraux et la faible utilisation d’intrants comme l’engrais sont des facteurs qui compromettent les chances de l’agriculture Burkinabé de contribuer à la réalisation des objectifs de la SCADD et du millénaire (OMD), et l’atteinte de la sécurité alimentaire du pays. En effet la baisse de la fertilité des sols et la stagnation voir le déclin de la productivité sont courantes dans le pays et sont citées dans l’ensemble des documents de politique ou de stratégie (SCAD, 2011, SDR, 2004, PAGIF, 1998) comme étant les contraintes majeurs de l’agriculture dans le pays. Autres facteurs aggravants, qui comprennent les contraintes lies aux marchés ainsi que la faible organisation des producteurs limite la participation aux activités de valeur ajoutée le long de la chaine de valeur. Beaucoup d’effort sont faits par divers acteurs pour améliorer la productivité des cultures et l’accès au marché.

Un accroissement durable de l’agriculture et des revenus des producteurs nécessitera entre autres une mise en œuvre de technologies adaptées qui minimisent les pertes post récoltes. De plus, cela demandera que les facteurs majeurs limitant l’accès des producteurs aux marchés soient continuellement et progressivement levés.

Les stratégies de marketing des produits agricoles dans les zones déficitaires visent surtout à assurer la disponibilité de céréale dans les communautés alors que les zones excédentaires ou en année de grande de bonne récolte, les stratégies de marketing visent surtout à accroitre les revenus en utilisant des mécanismes sociotechniques pour promouvoir et sécuriser les marchés.

En effet dans  les zones marquées par une instabilité en matière de sécurité alimentaire et ou les bonnes années d’abondance alternent avec les années de faibles production (de déficit en besoin céréalier), les banques de céréales sont promues comme instruments pour réguler le marché et assurer la disponibilité de céréales à des prix acceptables pour les communautés. Dans les zones excédentaires avec des surplus en production, les OPs sont généralement prêtes pour adopter des stratégies de marketing qui jouent avec les fluctuations des prix inter annuelles et  intra annuelles afin d’améliorer les revenus ou les marges des producteurs. L’approche collective qui est largement utilisée est le stockage collectif des produits dans le but d’éviter de brader les productions quand les prix sont très bas. Le système de Warrantage permet aux producteurs de stocker dans un magasin après les récoltes et d’utiliser le dit stock pour un crédit auprès d’institutions financière. De tels crédits peuvent être utilisés pour acheter des intrants agricoles pour la champagne suivante ou pour investir  dans une activité économique du ménage.

Quelque soit la stratégie, les technologies de réduction de pertes post récolte sont un facteur clé pour la réussite. Aujourd’hui plus qu’hier il est impérieux de faire face aux pertes post récolte pour conforter la sécurité alimentaire et contribuer à la lutte contre la pauvreté des ménages agricoles les plus pauvres dans le contexte des changements climatiques.  Les pertes post récolte constituent un enjeu et un défi majeur pour la sécurité alimentaire et l’accroissement des revenus des producteurs en général et particulièrement pour les petits agriculteurs. En effet, les pertes sont évaluées dans la littérature à environ 15 à 20% pour les céréales et à 30% les légumineuses. Cet état de fait ne saurait perdurer au risque de compromettre la durabilité agricole et demander encore plus aux états à économie agricole comme le notre à allouer d’énormes sommes pour compenser les déficits alimentaires.  Pour paraphraser un expert de la banque mondiale sur la problématique des pertes post récolte « l'Afrique ne peut pas se permettre de perdre 20% de sa production de céréales".  

De nos jours, avec la poussée démographique et les aléas climatiques, la réduction des pertes avec des facilités d’accès à un marché rémunérateur est de plus en plus reconnue comme faisant partie d'une approche intégrée en vue de permettre à l'agriculture de réaliser pleinement son potentiel, tout comme l'utilisation efficace des semences améliorées, l'amélioration de la fertilité des sols par des technologies accessibles aux petits producteurs.

Nous nous réjouissons de savoir que AGRA et ses partenaires financiers, à travers les investissements ciblés au Burkina, permettent à des milliers de petits exploitants et leurs familles de sortir de la pauvreté et de la faim. Ils ont mobilisé plus 800 000 dollars US pour le financement du projet « réduction des pertes post récolte et accès au marché pour les petits producteurs pour une durée d’exécution de deux ans de 2012 à 2015.

Mr le représentant de l’Ambassade de la Suède, Madame la Directrice du programme accès au marché de AGRA, je voudrais exprimer au nom des Grantee, et  partant, l’espoir de nombreux agriculteurs, toute ma gratitude et je puis vous assurer que mon département restera à l’écoute du consortium et ne ménagera aucun effort pour apporter l’accompagnement nécessaire selon leurs besoins afin d’atteindre les objectifs du projet.  

 Pour terminer, je souhaite que le consortium APME.2A-GRAD consulting Group inscrive la mise en œuvre des activités dans une synergie cohérente avec les autres acteurs et les services techniques. Quant aux bénéficiaires du projet, les avancées technologiques sont à même de vous permettent de réduire très significativement les pertes post récolte en quantité et en qualité, ce qui vous mettra dans une bonne posture pour la commercialisation de vos produits à des prix rémunérateurs. Je vous invite, ainsi qu’à vos organisations, à jouer pleinement le rôle qui est le votre rôle, pour tirer le meilleur profit des activités de mise en marché  des produits ciblés.

  • Honorables invités,
  • Mesdames et Messieurs,

Je n’en doute pas que les résultats seront au rendez-vous de 2015 à la clôture du projet et sur ce je déclare lancé le projet « réduction des pertes post récolte et accès au marché pour les petits producteurs au Burkina Faso »

Je  vous remercie !